Pour améliorer les salaires, la qualité et l’accès aux services de garde


Un enfant une place

Les Canadiennes et les Canadiens réclament depuis de nombreuses décennies des services de garde de qualité élevée pour tous.

En 2021, le gouvernement fédéral a annoncé un investissement de 30 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années pour réduire substantiellement les frais de garde et augmenter considérablement la quantité de services de garde réglementés.

Bonne nouvelle : les frais de garde ont diminué.

Mauvaise nouvelle : la demande de places abordables en services de garde réglementés dépasse largement l’offre.

Le principal obstacle à l’expansion des services de garde réglementés est la pénurie d’éducatrices et d’éducateurs à la petite enfance et d’autres membres du personnel. C’est un problème que doivent régler de toute urgence les gouvernements : l’amélioration de la qualité et l’accès aux services passent par l’amélioration des salaires.

Nous demandons aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux :

Mother sitting at the table with two kids and talking to them. The little girl is anonymous.

D’augmenter les salaires et d’améliorer les conditions de travail dans le secteur des services de garde.

Il n’est pas possible d’avoir de programme pancanadien de services de garde à l’enfance sans éducatrices et éducateurs et autres membres du personnel qualifiés et suffisamment rémunérés. Le recrutement et la rétention d’une main-d’œuvre compétente sont le principal obstacle à des services de garde abordables et accessibles à tous.

  • 19,20 $ – voilà le salaire médian des éducatrices à la petite enfance au Canada et beaucoup d’entre eux gagner le salaire minimum ou à peine un peu plus.
  • 89 % du personnel éducateur détiennent un diplôme d’études postsecondaires dans le domaine de l’éducation des jeunes enfants. Les salaires dans le secteur de l’apprentissage et de la garde à l’enfance sont inférieurs à ceux des autres professions à prédominance féminine et plus bas comparativement aux salaires d’autres travailleurs ayant une formation similaire.
  • Les bas salaires et les avantages sociaux insuffisants, y compris l’absence de régimes de retraite, sont la principale raison pour laquelle les éducatrices et éducateurs abandonnent le secteur ou ne l’intègrent pas une fois leur formation achevée. En 2009, la plupart des éducatrices et éducateurs à la petite enfance qualifiés ne travaillaient pas dans le secteur des services de garde. Et la situation est pire aujourd’hui.
  • Les problèmes liés au recrutement et à la rétention sont étroitement liés au manque de financement public.
  • Les personnes qui travaillent dans ce secteur devraient être payées à même les fonds publics. Leurs salaires ne devraient pas dépendre des frais de garde versés par les parents. Le personnel éducateur devrait être payé en fonction d’une grille salariale provinciale/territoriale qui assurerait un salaire et des avantages sociaux décents et concurrentiels et des incitatifs à la formation et au perfectionnement professionnel.
  • Les gouvernements doivent également s’attaquer aux conditions de travail difficiles dans le secteur, comme les longues heures et les heures supplémentaires non rémunérées, les charges de travail excessives, et l’intervention auprès d’enfants aux besoins d’apprentissage et de soins complexes sans soutien suffisant.

De veiller à la qualité des services de garde.

Lorsqu’il est question de nos enfants, la qualité de l’apprentissage et des soins prime avant tout. La recherche démontre que la qualité des services de garde repose sur des éducatrices et éducateurs qualifiés, des conditions de travail décentes et une rémunération juste. D’un côté, les bas salaires contribuent au taux de roulement élevé du personnel, lequel est associé à des services de qualité inférieure et à des résultats moins bons pour les enfants.

  • La recherche démontre clairement les avantages que comporte un système d’éducation à la petite enfance de qualité élevée pour tous les enfants et en particulier pour les enfants de ménages à faible revenu.
  • Et elle indique également que les services de garde de qualité élevée dépendent d’un personnel éducateur de grande qualité.
  • Les services d’apprentissage et de garde à l’enfance de qualité élevée favorisent le développement social, affectif, physique et cognitif des enfants.
  • •L’accès à des services de grande qualité, sécuritaires et fiables permet aux parents, et en particulier aux mères, de participer au marché du travail, de faire des études ou de suivre du perfectionnement professionnel.

D’assurer l’accès universel à des services de garde de qualité

Les services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants sont aussi vitaux que l’éducation publique et les soins de santé. Ils sont essentiels au bien-être et au développement des enfants. Les parents, et plus particulièrement les mères, ne peuvent travailler sans eux et l’économie ne peut pas fonctionner.

  • Le gouvernement fédéral s’est engagé à accroître considérablement le nombre de places en services éducatifs et de garde à l’enfance à but non lucratif et publics au pays. Toutefois, aucune expansion majeure ne pourra se produire à moins que les gouvernements n’élaborent et ne financent de plans d’expansion. 
  • L’accès aux services éducatifs et de garde à l’enfance est extrêmement limité et inéquitable parce qu’il manque de places pour répondre à la demande.
  • Les gouvernements doivent faire de l’accès à un service de garde de qualité élevée un droit pour chaque enfant. Les gouvernements doivent assumer la responsabilité de veiller à ce que des services de garde de qualité élevée soient en place partout où ils sont requis et qu’ils soient véritablement inclusifs.
  • La construction d’un système pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants doit prendre en compte et respecter les dispositions du Cadre d’apprentissage et de garde des jeunes enfants autochtones, lequel « préconise le soutien aux enfants et aux familles au moyen d’un système complet et coordonné de politiques, de programmes et de services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants, sous la direction des peuples autochtones. Un système ancré dans le savoir, les cultures et les langues autochtones et appuyé par de solides partenariats entre programmes globaux, accessibles et souples répondant aux aspirations et aux besoins des enfants et des familles autochtones.” 
  • Toutes les décisions doivent prendre en compte et respecter les dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, les appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, et le principe de Jordan