Le 19 décembre 2022, le gouvernement ontarien a annoncé qu’il appuiera la création de 53 000 nouvelles places en services de garde agréés d’ici 2026 pour les enfants âgés de zéro à cinq ans, incluant 16 296 places dans les écoles et 28 672 places en garderies communautaires ou en services de garde en milieu familial. La Province a consacré 213 millions de dollars des fonds fédéraux à des subventions de démarrage ponctuelles afin de compenser certains coûts initiaux comme l’achat d’équipement et la rénovation des installations, mais non l’acquisition de terrains ou de bâtiments.

En réponse à cette annonce, la Coalition ontarienne pour de meilleurs services éducatifs à l’enfance a mis en garde le gouvernement, affirmant qu’il sera impossible d’augmenter le nombre de places agréées si on ne remédie pas à la crise de main-d’œuvre dans le secteur des services de garde. Carolyn Ferns, coordonnatrice des politiques, a souligné que présentement de nombreuses garderies en Ontario ne pouvaient pas fonctionner au maximum de sa capacité à cause de la crise de recrutement et de rétention du personnel, et encore moins planifier en vue d’expansion.

La Coalition ontarienne pour de meilleurs services éducatifs à l’enfance et l’Association des éducatrices et des éducateurs de la petite enfance de l’Ontario ont demandé une stratégie de main-d’œuvre articulée autour des composantes suivantes :

  • Une échelle salariale à partir de 25 $/h pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses en services de garde et de 30 $/h pour les éducatrices et éducateurs de la petite enfance inscrits (EPEI)
  • Des avantages sociaux et un régime de retraite
  • Des congés de maladie rémunérés
  • Du temps alloué au perfectionnement professionnel
  • Du temps de planification rémunéré

« Nous avons besoin de travail et de salaires décents. Les gouvernements fédéral et provincial doivent viser aussi haut et collaborer autant qu’ils l’ont fait pour réduire les frais de garde à augmenter les salaires des travailleuses et des travailleurs du secteur et à élaborer une véritable stratégie de main-d’œuvre », a dit Rachel Vickerson de l’Association des éducatrices et des éducateurs de la petite enfance de l’Ontario.

La Coalition ontarienne pour de meilleurs services éducatifs à l’enfance insiste par ailleurs pour que le gouvernement provincial fasse preuve de plus de transparence dans la mise en œuvre de l’entente pancanadienne sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants en Ontario.

« À l’avenir, il nous faut des rapports publics périodiques, des mécanismes de reddition de comptes et des consultations publiques transparentes. Combien de places ont été créées à ce jour? Et où sont-elles? Selon quels critères seront choisies les garderies qui s’agrandiront et comment le gouvernement garantira-t-il que l’expansion se fera principalement dans les secteurs public et à but non lucratif comme l’exige l’entente pancanadienne? Il faut s’assurer que chaque dollar utilisé pour créer des places pour les familles est bien dépensé », a dit madame Ferns.