Un nouveau rapport intéressant de Sébastien Montpetit et collègues examine de près les retombées, les succès et les enseignements dégagés de la réforme des services de garde réalisée au Québec dans les années 1990. Le paysage des services de garde canadiens est complexe et en constante évolution, de sorte que les résultats et les effets des politiques sont souvent difficiles à évaluer. La réforme du système de services de garde à l’enfance québécois est une occasion unique d’en étudier et d’en comprendre les retombées et de les comparer à celles d’autres systèmes dans le reste du Canada. 

Le document intitulé A Welfare Analysis of Universal Childcare: Lessons From a Canadian Reform utilise les données de l’Étude longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes et celles des recensements canadiens de 2016 et de 2021, le tout jumelé à un examen de la documentation existante. 

Comme l’a souligné l’économiste canadien Gordon Cleaveland dans son excellente publication analysant le rapport, les constats de Montpetit démontrent que le nombre accru de places en garderie et non seulement la réduction des tarifs facilite considérablement la capacité à travailler des mères. Dans des régions du Québec où l’augmentation du nombre de places a été la plus élevée, le taux d’emploi des mères a grimpé de 67 % et l’utilisation des services de garde réglementés de 38 %, même en tenant compte d’autres facteurs régionaux. 

Montpetit estime que pour chaque dollar dépensé par le gouvernement, le revenu des mères augmente de 1,42 dollar. Le rapport indique que les avantages non financiers pour les mères sont également importants. Montpetit écrit « l’accroissement de l’offre a pour effet de réduire les coûts non financiers associés à l’utilisation d’un service de garde, par exemple réduction du temps pour se rendre au service de garde (distance moins grande) et réduction des efforts déployés pour trouver une place (plus grand nombre de services ». En tenant compte de tous ces facteurs, et non seulement des gains financiers, pour chaque dollar dépensé par le gouvernement, les mères ont des avantages évalués à plus de 3,50 dollars, 

Montpetit réfute les résultats de certaines études antérieures prétendant que la réforme québécoise des services de garde a eu des effets négatifs au chapitre du développement de l’enfant. Dans un document publié en 2008, les chercheurs Michael Baker, Kevin Milligan et Johnathan Gruber affirmaient que « les résultats au chapitre du développement de l’enfant des enfants provenant de familles biparentales admissibles [au programme], p. ex. les résultats en santé, étaient pires que ceux des autres enfants » et que « ces enfants avaient été exposés à de pires pratiques parentales, p. ex. des pratiques parentales moins consistantes ». Toutefois, son analyse des données à long terme amène Montpetit à soutenir que « le niveau de scolarité des étudiants au Québec est similaire à celui des étudiants ailleurs au Canada et que les effets négatifs sur le comportement de l’enfant n’entraînent pas de pires résultats économiques plus tard dans la vie ».

Un enfant Une place a toujours soutenu, en s’appuyant sur de nombreuses analyses, que l’universalité d’accès à des services éducatifs et de garde à l’enfance générait de nombreux avantages. Il est agréable de lire un autre rapport détaillé qui présente si bien les arguments.