Un rapport d’enquête sur la main-d’œuvre des SÉGE en Ontario intitulé Knowing our numbers : A community approach to understanding the early childhood education workforce a été publié le 26 juin 2024. Cette étude a d’abord été entreprise par le comté de Simcoe, la municipalité de Chatham-Kent et le comté de Lambton afin de mieux comprendre les difficultés auxquelles font face les travailleuses et travailleurs de la petite enfance et d’adopter des politiques locales fondées sur des données probantes. L’Atkinson Centre a dirigé les travaux en collaboration avec 43 des 47 gestionnaires de système de services (GSMR et CADSS) et l’Ordre des éducateurs et éducatrices de la petite enfance de l’Ontario. Ce rapport s’appuie sur les données d’une enquête provinciale à laquelle 3 292 éducatrices et éducateurs à la petite enfance inscrits (EPEI) et 1 311 autres employés de SÉGE (non-EPEI) ont répondu ainsi que des groupes de discussion formés de 91 participantes et participants afin d’assurer la représentation des communautés francophones et des communautés en régions éloignées et rurales.

Les questions portaient sur des sujets comme la rémunération, les avantages sociaux non prescrits, le perfectionnement professionnel, les conditions de travail et la discrimination au sein des effectifs.

 Voici quelques conclusions notables de l’enquête : 

  • Gouvernance : Les personnes travaillant dans une garderie administrée par un établissement d’enseignement postsecondaire ou administrée directement par une municipalité recevaient le salaire médian le plus élevé, respectivement 30 $/h et 29 $/h. C’est dans le secteur à but lucratif que le salaire médian était le plus faible à 22 $/h, et le salaire médian dans le secteur à but non lucratif et dans les centres pour l’enfant et la famille On y va se situait au milieu de la fourchette (à 24 $/h pour les deux). Ces données ont été recueillies avant l’augmentation à 23,86 $/h du plancher salarial en 2024 pour les EPEI. Le niveau de satisfaction au travail est le plus faible chez les EPEI et les non-EPEI du secteur à but lucratif alors que celles qui travaillent dans les garderies administrées par les GSMR et les CADSS sont généralement plus satisfaites.
  • Origine ethnique : L’enquête a révélé une différence statistiquement significative entre le salaire horaire moyen versé aux EPEI racisées (24,69 $) et celui versé aux EPEI non racisées (25,97 $). Toutefois, cette différence salariale disparaît lorsque les EPEI ont accumulé dix années d’expérience. Les non-EPEI sont plus susceptibles (42,6 %) d’être des personnes racisées que les EPEI (22,9 %), et près de la moitié des responsables de services de garde en milieu familial agréés sont des personnes racisées (48,9 %). Il existe très peu de données sur les disparités raciales au sein de la main-d’œuvre des services de garde, d’où l’importance de ces résultats pour le Canada. 
  • Avantages sociaux non prescrits : On a demandé aux répondantes quels avantages sociaux non prescrits elles recevaient parmi une douzaine. Le congé de maladie payé a été le plus fréquemment mentionné (79 % des répondantes). Les avantages les moins souvent mentionnés comprennent l’augmentation du salaire à la suite de l’obtention d’un nouveau titre de compétence ou d’un diplôme en EPE (7,1 %) et le supplément au congé parental (12,5 %). La moitié des répondantes ont mentionné l’accès à un régime de retraite ou la contribution de l’employeur à un REER, avec des différences marquées selon le mode de gouvernance : 23,3 % des répondantes travaillant dans le secteur à but lucratif à comparer à 53,3 % travaillant dans le secteur communautaire à but non lucratif et 71,8 % travaillant dans une garderie municipale. Le mode de gouvernance et la syndicalisation, indépendamment l’un de l’autre, sont associés à une gamme plus étendue d’avantages sociaux. 
  • Rétention : Le rapport porte également sur la pénurie de main-d’œuvre, l’épuisement professionnel et les problèmes de rétention du personnel et il met l’accent sur les conséquences pour la qualité et l’accès des enfants et des familles aux services. Seulement 36,3 % des EPEI prévoient rester dans le domaine au cours des cinq prochaines années; 23,7 % prévoient quitter le domaine et 40,1 % sont incertaines. Celles qui prévoient quitter le secteur affichent également des niveaux de stress plus élevés que celles qui prévoient y demeurer. À la question à savoir ce qui améliorerait leur satisfaction personnelle au travail, la réponse la plus fréquemment choisie par 52 % des répondantes était « un salaire approprié », suivi « de meilleurs avantages sociaux » (41 %) et de « mesures de soutien pour les enfants ayant des problèmes émotionnels et comportementaux » (34 %). Dans les groupes de discussion, les participantes ont également indiqué que la pénurie de personnel obligeait souvent les gestionnaires à remplacer les éducatrices sur le plancher et à renvoyer les enfants ayant des incapacités à la maison pour affecter leurs personnes-ressources à d’autres tâches afin d’assurer le respect du rapport éducatrice/enfants.

Des pratiques exemplaires pour remédier à ces problèmes à l’échelle locale ont été mises en relief. Elles comprennent : accroître le nombre de services de garde administrés directement, adopter des stratégies de main-d’œuvre locales, voir à ce que les gestionnaires de système de services collaborent par-delà les silos afin de partager les données entre les régions et les directions, et trouver des moyens d’augmenter la rémunération à l’échelle locale.  

Il est essentiel de connaître le point de vue des éducatrices et des éducateurs à la petite enfance et de la main-d’œuvre en général du secteur des services de garde. L’utilisation de mécanismes comme cette enquête permet d’élaborer des politiques fondées sur des données probantes afin de surmonter les défis auxquels fait face la main-d’œuvre des SÉGE. Un enfant Une place poursuit ses efforts pour enrichir nos connaissances collectives entourant la main-d’œuvre des SÉGE au Canada dans le cadre de son projet « Les éducatrices et les éducateurs sont importants:  une politique de main-d’œuvre pour des services éducatifs et de garde à l’enfance de qualité ».

Note : Le rapport n’est actuellement disponible qu’en anglais, une traduction en français sera bientôt disponible.