Constance des dispositions en matière de services de garde durant la pandémie de COVID-19 affirme une majorité de parents

La pandémie de COVID-19 a eu une forte incidence sur le secteur des services de garde et sur d’autres services sociaux. La pandémie a soulevé de l’intérêt pour la recherche entourant les expériences des fournisseurs de services de garde et celles des familles qui avaient recours à un service de garde durant les premières vagues de la pandémie lorsque de nombreuses garderies ont dû fermer leurs portes. 

Une étude, récemment publiée dans la revue universitaire Canadian Public Policy, examine les effets à long terme de la pandémie de COVID-19 sur les dispositions en matière de services de garde des familles dans quatre provinces canadiennes : Ontario, Québec, Alberta et Colombie-Britannique.  Des chercheurs de l’Université de Toronto et de l’Université McMaster ont sondé 1 124 parents en décembre 2020 pour étudier comment la pandémie de COVID-19 avait perturbé à court terme (instabilité) leurs dispositions pour la garde de leurs enfants et avait influencé le rétablissement à plus long terme de ces dispositions (constance). Ils ont aussi étudié l’impact sur ces dispositions des différences dans le système de prestation des services de garde d’avant la pandémie.

Dans l’ensemble, même si les parents qui utilisaient un service de garde hors du milieu familial durant la pandémie ont déclaré de l’instabilité à court terme (à cause de la fermeture des garderies), ceux qui fréquentaient une garderie avant la pandémie étaient plus susceptibles (64 %) d’affirmer la constance de leur mode de garde y ayant recours à nouveau. Ce résultat variait selon les dispositions en matière de services de garde d’avant la pandémie, selon des facteurs sociodémographiques et par province.

Constance moindre des services de garde en milieu familial/à domicile au cours de la pandémie de COVID-19.

Dans l’ensemble, pour tous les répondants de l’échantillon, ceux qui ont déclaré qu’ils avaient recours à un service de garde en milieu familial/à domicile avant la pandémie étaient plus susceptibles (47 %) de modifier ces dispositions que ceux qui utilisaient un mode de garde extérieur au domicile avant la pandémie (27 %).

En étudiant les facteurs socioéconomiques susceptibles d’agir sur l’instabilité et la constance des modes de garde, les chercheurs ont trouvé que les dispositions pour la garde de leurs enfants des familles à faible revenu, des parents moins scolarisés et des parents affectés à des horaires de travail à temps partiel et moins flexibles avaient été plus perturbées à court terme. Ces parents avaient été contraints de passer plus souvent d’un mode de garde en milieu familial/à domicile à un autre. Par exemple, 47 % de familles à faible revenu (gagnant 60 000 $/an ou moins) ont dû changer leurs dispositions pour la garde de leurs enfants par rapport à 27 % à 36 % de familles à revenu moyen ou élevé.

Les auteurs de l’étude indiquent que ces résultats valident leur hypothèse selon laquelle les modes de garde utilisés par les parents marginalisés sont plus à risque d’instabilité et de perturbations.

Les systèmes de SEGE d’avant la pandémie ont eu une incidence sur l’instabilité et la constance et la constance des modes de garde durant la pandémie.

Au regard des quatre provinces, les résultats indiquent que les répondants de l’Ontario ont modifié plus souvent leurs dispositions en matière de services de garde : 45 % de ceux-ci ont effectué des changements contre 26 % des répondants du Québec.

Au Québec, les parents étaient plus susceptibles d’utiliser un service de garde extérieur au domicile avant la pandémie et moins susceptibles de changer de mode de garde (plus de stabilité et de constance). 

Inversement, il y eu plus d’instabilité dans les provinces où les services de garde sont régis par les règles du marché, soit en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique.

Il ressort de cette étude qu’au Québec, où le gouvernement investissait beaucoup plus dans les SEGE avant la pandémie, les parents et les enfants ont pu profiter de services de garde extérieurs au domicile plus stables et constants.

Les auteurs tirent la conclusion suivante : « Nos résultats donnent à penser que l’accès à des services de garde robustes et abordables peut aider les parents à se protéger contre des chocs exogènes telle une pandémie (ou contre des chocs sur le plan personnel telle la perte d’un emploi ou la maladie) ».