Selon Statistique Canada, les salaires sont plus élevés dans les garderies à but non lucratif et on y offre de meilleurs avantages sociaux.
Un nouveau rapport de Statistique Canada publié en décembre 2024 analyse en profondeur les données de l’Enquête canadienne de 2022 sur la prestation de services de garde. Le rapport indique la façon dont les caractéristiques de la main-d’œuvre, telles que les rôles et la composition du personnel, les taux salariaux et les avantages sociaux, le taux de roulement des employé-e-s et les postes à pouvoir, diffèrent en fonction du mode de propriété et de la structure organisationnelle de la garderie.
Environ la moitié des travailleuses et des travailleurs en services de garde sont employés dans des garderies à but non lucratif ou public.
Le nombre total d’éducatrices/éducateurs et d’aides-éducatrices/éducateurs de la petite enfance a plus de doublé dans les 25 années écoulées de 1996 à 2022, passant de 95 200 à 207 830.
En 2022, plus de la moitié du personnel en garderie (53,5 %) travaillait dans une garderie à but non lucratif (incluant les garderies publiques) et moins de la moitié (46,5 %) travaillait dans un service de garde à but lucratif.
Figure 1 : Répartition du personnel éducateur selon le type de garderie
Source : Données tirées du Tableau 1, Statistique Canada, 2024, Travailleurs des services de garde offerts en centre pour les enfants âgés de 0 à 5 ans au Canada, 2021 à 2022
Comme l’indique la figure 1, dans le secteur à but non lucratif (BNL), la répartition des employé-e-s entre les garderies indépendantes et les établissements multisites était plutôt égale. Par contre, dans le secteur à but lucratif (BL), un plus grand nombre d’employé-e-s travaillaient en garderies indépendantes qu’en établissements multisites. Les établissements multisites désignent ceux dont « une personne ou un organisme détient les permis de plusieurs garderies situées à différents endroits ».
Il est à noter que les garderies BNL consacraient la plus grande part de leur budget de fonctionnement aux salaires du personnel, les établissements multisites BNL et les garderies indépendantes BNL leur affectant respectivement 74 % et 70 % de leur budget de fonctionnement. En comparaison, les établissements multisites BL et les garderies indépendantes BL affectaient respectivement 65 % et 61 % de leur budget de fonctionnement aux salaires du personnel.
Aussi, le personnel de supervision en garderies BNL touchait des salaires plus élevés.
La plupart des membres du personnel ont accès à certains avantages sociaux.
L’analyse des données de l’enquête a révélé que les trois quarts (76 %) des garderies fournissaient certains avantages sociaux à leurs employé-e-s en 2022, soit un régime d’assurance maladie complémentaire ou de soins dentaires, des cotisations à un régime de retraite ou un REER collectif, des congés de maladie payés ou du temps de formation rémunéré. Notamment :
- 68 % accordaient du temps rémunéré pour la documentation, les réunions ou la planification du programme d’activités
- 60 % accordaient des avantages sociaux comme un régime d’assurance maladie complémentaire ou de soins dentaires
- 61 % accordaient des congés de maladie payés
- 60 % accordaient des vacances payées
- 62 % accordaient de l’aide financière ou du temps rémunéré pour la formation
- 53 % offraient une assurance-vie ou une assurance-invalidité
- 54 % accordaient des pauses rémunérées ou indemnisaient pour les heures supplémentaires
- 37 % cotisaient à des régimes de retraite ou de REER collectifs
- 27 % offraient des services de garde à tarifs réduits aux enfants de leurs employées
- 10 % versaient un supplément aux prestations de congé de maternité ou parental
Les établissements multisites à but non lucratif étaient les plus susceptibles (93 %) d’offrir l’un ou l’autre de ces avantages sociaux, tandis que les garderies indépendantes à but lucratif étaient les moins susceptibles (61 %) d’offrir ces avantages. Environ 78 % des établissements multisites à but lucratif et des garderies indépendantes à but non lucratif offraient des avantages sociaux à leurs employé-e-s
Les données indiquaient également que les garderies NBL rémunéraient mieux leur personnel de supervision et leur personnel détenteur d’un certificat, d’un diplôme ou d’un degré universitaire en éducation de la petite enfance que les garderies BL.
Taux de roulement des travailleurs et travailleuses en services de garde qualifiés
Il est à noter que le taux de roulement du personnel était plus élevé chez les éducatrices/éducateurs détenant un diplôme ou une formation en EPE à comparer à celui du personnel de supervision et des travailleurs/travailleuses en services de garde non qualifiés. C’est-à-dire, 59 % des garderies ont signalé qu’une ou plusieurs éducatrices/éducateurs de la petite enfance détenant un diplôme ou une formation avaient quitté la garderie au cours de l’année précédente. Ceci en comparaison au départ de personnel de supervision dans seulement 14,8 % des garderies et d’éducatrices/d’éducateurs sans diplôme ou formation dans 38,2 % des garderies. Par ailleurs, 66 % des garderies ont indiqué avoir engagé une ou plusieurs éducatrices diplômées ou formées comparativement à 18,4 % de garderies indiquant avoir engagé un nouveau superviseur; et 51,1 % des garderies ont indiqué avoir engagé une ou plusieurs éducatrices sans diplôme ou formation.
Il est également apparu que le taux de roulement des éducatrices et éducateurs de la petite enfance diplômés travaillant en garderies indépendantes BNL était plus faible parce que les garderies BNL présentaient une probabilité la de départ plus faible (52,8 %) des employé-e-s de cette catégorie.
La principale difficulté à laquelle faisaient face les garderies cherchant à pourvoir des postes vacants était que les postulant-e-s ne possédaient pas les compétences, l’expérience ou les qualifications requises (72,1 %). Parmi les autres difficultés relevées : manque de temps pour le recrutement, manque d’argent ou de financement pour faire du recrutement, le peu ou l’absence de postulant-e-s parmi lesquelles choisir, les besoins des postulant-e-s non satisfaits, la concurrence d’autres garderies ou des écoles.
Les données de l’enquête confirment des résultats d’études précédentes en ce qui concerne les faibles salaires des travailleurs et travailleuses en services de garde.
Dans l’ensemble, les données de l’enquête correspondent à celles d’études canadiennes et internationales antérieures qui indiquaient un lien entre les salaires élevés, les avantages sociaux et le taux de roulement du personnel ainsi qu’entre le mode de gouvernance (but lucratif et but non lucratif) et l’accès à de meilleurs salaires et avantages sociaux. La collecte régulière de données sur ces questions fera intégralement partie de la surveillance de l’effet des grilles salariales et des régimes d’avantages sociaux provinciaux et territoriaux sur les taux de roulement, le recrutement et la rétention du personnel.

