Un autre rapport de recherche révèle d’importants avantages économiques découlant du Programme pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants (PPAGJE).
Un nouveau rapport,1 publié par le Centre for the Study of Living Standards (CSLS) estime qu’à la fin de 2025, grâce au PPAGJE, l’emploi maternel avait augmenté de quelque 29 000 travailleuses, ce qui représente un gain direct de PIB d’environ 2,7 milliards de dollars par année.
Les frais de garde moins élevés sont associés à de l’emploi maternel et des rendements fiscaux plus élevés.
Il y a eu beaucoup de gains en matière d’abordabilité. Les tarifs moyens des services de garde réglementés qui participent au PPAGJE ont chuté de près de la moitié partout au Canada, sauf au Québec, où les frais de garde étaient déjà bien inférieurs à 10 $/jour pour les familles utilisant le réseau québécois de services de garde financés par la province. De 2022 à 2025, les réductions de tarifs ont eu pour effet de diminuer le coût moyen annuel des services de garde pour les parents d’environ 1400 $.
En comparant différents groupes d’âge — de 6 à 12 ans, moins de 6 ans et les enfants au Québec et hors Québec, l’étude montre que, suivant l’avènement du programme, il y a eu une augmentation de l’emploi de 1,92 point de pourcentage et une augmentation de 2,44 points de pourcentage chez les mères avec de jeunes enfants.
Les retombées fiscales des gains en revenu attribuables à l’emploi proviennent de l’impôt sur le revenu additionnel des particuliers, des cotisations salariales additionnelles, de recettes fiscales indirectes additionnelles générées par de nouveaux revenus d’emploi et de la réduction de transferts de paiement fondés sur le revenu. Les auteurs de l’étude estiment à 365 millions de dollars par année, excluant les cotisations salariales, la compensation au chapitre des recettes générales de base. Par ailleurs, les avantages à long terme attribuables aux gains en revenu persistants des mères et au développement des enfants ne sont pas inclus dans cette estimation..
Il est important aussi de noter que d’autres gains économiques sont possibles en étendant l’accès aux services de garde à faible tarif.
La pénurie de main-d’œuvre est le principal obstacle à un accès accru aux services de garde
Les constats du rapport correspondent à ceux d’autres études selon lesquelles l’accès aux services de garde financés par le PPAGJE demeure un problème à cause du manque de main-d’œuvre pour répondre à la demande élevée. Le recrutement et la rétention de la main-d’œuvre ressortent comme les principaux défis à surmonter pour faire face à la demande croissante.
Les auteurs du rapport affirment que cela étant « les politiques de main-d’œuvre sont un élément clé du système de services de garde plutôt qu’un simple enjeu périphérique lié au marché du travail. Une hausse substantielle du salaire des éducatrices et éducateurs de la petite enfance qualifiés ne devrait pas être considérée comme une solution isolée à un problème donné, mais bien comme une condition permettant de convertir les réductions de tarif en places pourvues en personnel qui, en retour, génèrent de meilleurs rendements économiques et résultats sur le marché du travail ».
Remédier aux obstacles nuisant à l’accès entraînera des hausses importantes de l’emploi et du PIB.
Les auteurs proposent un scénario où les problèmes d’accès sont résolus. Dans de telles circonstances, ils estiment que le programme pourrait faire augmenter le PIB de 10,9 à 15,6 milliards de dollars. Selon le rapport, un système achevé à 10 $/jour générerait une réduction significative du revenu après impôt consacré à la garde des enfants, soit entre 5 et 6 pour cent (selon le type de famille) en 2024 à entre 1,9 et 3,6 pour cent.
Les auteurs résument les avantages économiques du PPAGJE et, selon eux, leurs résultats « indiquent que le programme génère déjà un rendement économique mesurable substantiel et que des gains non réalisés à ce jour, mais beaucoup plus considérables, se trouvent maintenant du côté de l’accès du système plutôt que du côté de son abordabilité ».
Outre des investissements dans la main-d’œuvre, le rapport recommande des politiques ciblant la création de places pour des populations et des collectivités dont les besoins sont les plus grands.
Lisez le rapport ici.
- Shariati, Alisaleh. (2026) “The Economic Returns of Accessible and Affordable Child Care in Canada,” CSLS Report 2026-01, June. https://csls.ca/research/june-2026-research-paper/. ↩︎

