Résumé des politiques de main-d’oeuvre dans le secteur de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants

28 septembre 2026

À propos de ce document

Ce document a pour objet de présenter un résumé thématique des principales politiques de main-d’œuvre mises en place par les provinces et les territoires au Canada afin de soutenir le développement d’un système d’apprentissage et de garde des jeunes enfants dans l’ensemble du Canada.  Le présent document est une version mise à jour du rapport précédent intitulé : Sommaire des politiques de main-d’œuvre en date de décembre 2023 dans le cadre du programme pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants.

Cette version comprend les mises à jour des politiques de main-d’œuvre effectuées de janvier 2024 à mars 2026 et présente un portrait de la situation au 31 mars 2026, à l’expiration des accords de financement sur cinq ans conclus dans le cadre du Programme pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants (PPAGJE).

Ceci étant dit, le présent document ne porte pas sur le Québec, la province ayant conclu un accord asymétrique avec le gouvernement du Canada en matière d’apprentissage et de garde des jeunes enfants en vertu duquel elle mettra en œuvre ses propres plans d’action plutôt que celui du gouvernement fédéral. Aussi, dans le présent document, nous n’analysons pas les progrès réalisés en vertu du Cadre d’apprentissage et de garde des jeunes enfants autochtones auquel le gouvernement fédéral a consenti une somme de 1,7 milliard de dollars sur dix ans pour renforcer les programmes et les services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants autochtones à partir de 2018 jusqu’en 2019.1

La première partie de ce rapport présente un résumé des politiques de main-d’œuvre des provinces et des territoires en ce qui concerne l’accès aux études postsecondaires, la rémunération, le perfectionnement professionnel et les modifications réglementaires. Nous tentons de cerner des tendances et des thèmes généraux plutôt que de décrire en détail les politiques individuelles de chaque province et chaque territoire. La deuxième partie du rapport analyse les lacunes dans les politiques de main-d’œuvre existantes et porte plus précisément sur la planification stratégique et la vision à long terme, la collecte de données et l’évaluation. 

À propos de ce projet

De plus amples renseignements sur le projet et son équipe sont disponibles içi.

Introduction

Introduction

Contexte historique

Le projet Les éducatrices et éducateurs sont importants : une politique de main-d’œuvre pour des services éducatifs et de garde à l’enfance de qualité est né de l’urgent besoin de remédier aux causes fondamentales de la crise de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre dans le secteur des services de garde au Canada au moment de la mise en œuvre du Programme pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants d’apprentissage et de garde des jeunes enfants (PPAGJE). Depuis la publication du Rapport de 1986 du Groupe de travail fédéral sur la garde des enfants au Canada,2 l’importance du personnel éducateur pour assurer la qualité et l’accès des services de garde et la nécessité pour les gouvernements d’adopter des mesures afin d’améliorer les piètres conditions de travail et salaires médiocres dans le secteur sont amplement reconnues.   Au cours de ces années, bien que le leadership du gouvernement fédéral à cet égard se soit avéré timide, quelques initiatives notables ont quand même joué un rôle critique et inspirant pour façonner les connaissances et les réalisations dans le domaine et éclairer ce projet.

De 2003 à 2013, le Conseil sectoriel des ressources humaines des services de garde à l’enfance (CSRHSGE), subventionné par Ressources humaines et Développement des compétences Canada (devenu Emploi et Développement social Canada) dans le cadre du Programme des conseils sectoriels, était l’entité pancanadienne dédiée à l’étude des enjeux de ressources humaines dans le secteur de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants au Canada.3  L’Association canadienne pour la promotion des services de garde à l’enfance, devenue Un enfant Une place, a été un des quatre organismes fondateurs du Conseil sectoriel.   Les activités du CSRHSGE étaient axées sur la culture du savoir, la production d’outils et l’exercice du leadership, le tout afin de mettre de l’avant les enjeux de ressources humaines et d’en faire l’objet de politiques publiques.  

La création du Conseil sectoriel faisait suite à une recommandation d’une étude unique en son genre intitulée « Le secteur des services de garde à l’enfance :  de la reconnaissance à la rémunération de sa main-d’œuvre (1998), qui définissait et analysait les structures influençant la qualité et l’environnement de travail des personnes œuvrant en services de garde au Canada.4 La création d’un comité de direction formé de 34 membres pour la réalisation de cette étude sectorielle a également jeté les bases d’une stratégie de collaboration inclusive pour se pencher sur les problèmes et les politiques de main-d’œuvre dans le secteur. Pris ensemble, l’étude sectorielle initiale et les travaux subséquents sur une période de dix ans du Conseil sectoriel ont permis de définir la main-d’œuvre des services de garde comme appartenant à un secteur distinct du marché du travail et de mettre en relief la nécessité d’élaborer des politiques propres à cette main-d’œuvre.  

Au-delà du grand nombre de recherches, de stratégies et d’outils qui influencent encore aujourd’hui les politiques et les efforts de sensibilisation dont il a été le précurseur, le Conseil sectoriel a joué un rôle déterminant pour fixer l’attention des gouvernements provinciaux et territoriaux sur les enjeux de main-d’œuvre dans le secteur des services de garde. C’est ainsi qu’ont été lancées diverses initiatives provinciales et territoriales portant sur des aspects fondamentaux reliés aux ressources humaines, comme les salaires, la formation du personnel, le perfectionnement professionnel et le recrutement de la main-d’œuvre. Dans leurs champs de compétence, les provinces et les territoires ont mis en œuvre une gamme diversifiée de politiques et de mesures pour inciter à faire carrière en éducation de la petite enfance et pour améliorer, par la professionnalisation du métier, la qualité des services.  

Le CSRHSGE fut dissous en 2013, le gouvernement fédéral mettant fin au financement de base que lui versait le ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences. Il y eut dès lord un vide important sur le plan des suivis, de l’avancement des connaissances et de l’adhésion à une vision commune pour la main-d’œuvre des services de garde au Canada.

À l’élection du gouvernement libéral en 2015, le premier ministre Justin Trudeau s’est engagé à ce que le gouvernement fédéral joue de nouveau un rôle en matière de services de garde au pays. Au moyen d’accords bilatéraux, le gouvernement fédéral a transféré 1,2 milliard de dollars aux provinces et territoires afin d’améliorer la qualité, l’accès et l’abordabilité des services de garde agréés aux termes du Cadre multilatéral de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants.5 Le Cadre multilatéral établissait “[le] nombre et [la] proportion de titulaires d’un certificat en éducation de la petite enfance (ÉPE) ou de personnes suivant une formation ou du perfectionnement professionnel” requis comme un indicateur de qualité élevée. Cela étant, en vertu de leurs accords bilatéraux respectifs, beaucoup de provinces et de territoires ont adopté de nouvelles politiques afin de se doter d’une main-d’œuvre de plus en plus qualifiée.6 Ces politiques incluaient notamment des programmes de bourses améliorés, du financement accru pour le perfectionnement professionnel et de nouveaux modèles de formation en milieu de travail.  

En juin 2019, le gouvernement a nommé un Groupe d’experts sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants dont le mandat de dix-huit mois a pris fin en 2020. Composé de quatorze membres, notamment de leaders du milieu des services de garde, de praticiennes et praticiens, de représentant-e-s autochtones et d’expert-e-s en matière de politique, le Groupe d’experts avait pour tâche de déterminer des domaines d’action prioritaires et des approches novatrices pour étayer et éclairer une stratégie de collecte de données et de recherche sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants. Le Groupe d’experts, dont faisait partie Morna Ballantyne, directrice générale d’Un enfant Une place, avait comme priorité de remédier aux problèmes de main-d’œuvre du secteur des services de garde. En 2020, dans son énoncé économique de l’automne, la ministre des Finances Chrystia Freeland annonçait la création du Secrétariat fédéral responsable de l’apprentissage et la garde des jeunes enfants. Relevant du ministère de l’Emploi et de Développement social, le Secrétariat, outre son mandat de surveillance du nouveau PPAGJE, finance et supervise la collecte de données et les projets de recherche dans le domaine.7 

En s’appuyant sur l’héritage du CSRHSGE et sur les travaux récents du Groupe d’experts sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants – données et recherche et sur ceux du Secrétariat fédéral responsable de l’AGJE, et en reconnaissance du rôle de leadership d’Un enfant Une place en matière de défense des services de garde au Canada, le projet « Les éducatrices/éducateurs sont importants » aspire à poursuivre la mission critique d’unir diverses perspectives de façon systématique et collaborative. Nous voulons porter notre attention sur les problèmes de main-d’œuvre dans une optique de planification et d’élaboration de politiques à long terme.

Système pancanadien de services de garde à l’enfance

Les investissements du gouvernement fédéral en services de garde ont augmenté considérablement avec l’annonce dans le budget de 2021 du nouveau système pancanadien de services de garde à 10 dollars par jour.

En vertu des nouveaux « accords dans l’ensemble du Canada », 27 milliards de dollars en fonds fédéraux sur cinq ans allaient être alloués aux provinces et territoires pour atteindre des objectifs d’abordabilité, d’accessibilité, d’inclusion et de qualité des services de garde. Combinés à d’autres investissements, incluant les programmes d’apprentissage et de garde des jeunes enfants autochtones, les investissements fédéraux totalisaient 30 milliards de dollars sur cinq ans et étaient assortis d’une promesse de financement soutenu d’au moins 9,2 milliards par année.8

Pendant que se négociaient entre le gouvernement fédéral et les provinces et territoires des ententes pancanadiennes, des accords distincts ponctuels en matière de main-d’œuvre ont été conclus avec chaque province et chaque territoire. Ces accords reconnaissaient la nécessité de mettre en œuvre sans délai des mesures pour régler les problèmes de main-d’œuvre en services de garde, notamment dans la foulée de la pandémie de COVID-19. Les fonds transférés dans le cadre de ces « accords de main-d’œuvre » ont été utilisés par la plupart des provinces et territoires pour financer des initiatives à court terme. Par exemple, en Alberta, ils ont servi à verser une prime ponctuelle aux éducatrices et éducateurs.   En Ontario, ils ont été versés aux gestionnaires des systèmes de services municipaux, qui ont reçu comme directive de ne pas les affecter à des initiatives salariales. Les municipalités en Ontario ont plutôt utilisé cet argent pour financer du perfectionnement professionnel comme des ateliers de formation, ou des infrastructures (comme l’achat de tablettes électroniques pour les garderies) et pour couvrir les droits de scolarité des programmes de formation offerts dans les collèges publics.9  

Les défenseurs des services de garde se sont réjouis de l’annonce entourant le PPAGJE dans le budget fédéral 2021 et de la perspective d’en arriver à un système véritablement universel et public de services de garde abordables et accessibles, soutenus à la fois par le gouvernement fédéral et les provinces et territoires. Par ailleurs, le budget 2021 reconnaissait le rôle déterminant de la main-d’œuvre des services de garde pour permettre le développement du système : « avec des partenaires provinciaux et territoriaux, le gouvernement s’efforcera de faire en sorte que les éducateurs de la petite enfance sont au cœur du système en valorisant leur travail et en leur offrant les possibilités de formation et de perfectionnement nécessaires pour soutenir leur croissance et la croissance d’un système de garde d’enfants de qualité ».10  

Le gouvernement fédéral a entrepris des négociations avec les provinces et les territoires pour définir les paramètres des ententes et les défenseurs des services de garde ont compris toute l’importance de soutenir et de rémunérer suffisamment la main-d’œuvre des services de garde pour assurer le succès du PPAGJE. Ils ont formé des coalitions et en collaboration avec les associations d’éducatrices et d’éducateurs de la petite enfance, ils ont exercé des pressions pour que leurs provinces et territoires concluent rapidement une entente et pour que ces ententes contiennent d’importants engagements en matière de main-d’œuvre.11 

Des décennies de petits changements, quelques suppléments salariaux et des journées de perfectionnement professionnel ici et là s’étaient avérés inefficaces pour endiguer la crise de recrutement et de rétention des éducatrices et éducateurs. Il existait partout au Canada un appétit pour des changements systémiques sous forme de stratégies de main-d’œuvre globales financées par les fonds publics mettant de l’avant une rémunération équitable (ou juste), des grilles salariales, des régimes d’avantages sociaux et de bonnes conditions de travail. Des associations professionnelles d’éducateurs et d’éducatrices et des groupes de défense des services de garde provinciaux publièrent des feuilles de route proposant des parcours à suivre pour bâtir un système universel de services de garde à l’enfance. On proposait la mise en œuvre de grilles salariales et de normes d’emploi décent, par exemple des gammes d’avantages sociaux et des périodes rémunérées consacrées à la planification d’activités et au perfectionnement professionnel.  

Lorsque l’on a commencé à signer les nouveaux accords de financement bilatéraux à l’été 2021, il est devenu évident que le gouvernement fédéral hésitait à imposer des normes relatives aux pratiques de travail et aux salaires (contrairement à son approche pour les frais de garde). Cela étant, les engagements à l’endroit de la main-d’œuvre varient grandement dans les accords en fonction de l’appétit des gouvernements provinciaux et territoriaux pour des changements de politiques. Bon nombre des politiques et des programmes de main-d’œuvre déjà en place, dont certains avaient été élaborés en vertu du cadre multilatéral et de programmes de financement ponctuels, ont été étendus et intégrés aux accords du PPAGJE. 

En 2024, des gouvernements provinciaux et territoriaux ont commencé négocier et à signer des ententes pour la prochaine phase de financement fédéral des services de garde débutant en 2025. Avant l’élection fédérale du 8 avril 2025, dix des treize provinces et territoires avaient signé des accords s’étendant de 2025 à 2030. Et depuis l’avènement du gouvernement libéral de Mark Carney, les provinces de l’Ontario, de la Saskatchewan et de l’Alberta ont également signé des prolongations d’entente, quoique seulement pour une année dans le cas de l’Ontario et de l’Alberta.  

Les programmes et les engagements des accords du PPAGJE en matière de main-d’œuvre s’articulent en gros autour des catégories suivantes :  

  1. Accès aux études postsecondaires; 
  2. Rémunération;
  3. Perfectionnement professionnel; 
  4. Facteurs structurels et réglementaires influençant les conditions de travail; 

Accès aux études postsecondaires

Programmes de bourses d’études

Depuis quelques années, la plupart des provinces et des territoires sont dotés de programmes d’aide financière pour la poursuite d’études postsecondaires en éducation de la petite enfance (ÉPE). On croit qu’en réduisant les obstacles financiers, on favorisera l’inscription à ces programmes d’études. Ces programmes d’aide financière vont de l’achat de manuels scolaires à l’offre de bourses d’études ciblées et jusqu’à la pleine gratuité scolaire. Ils réduisent tous les coûts liés à l’obtention d’un diplôme d’études en ÉPE et comportent différentes mesures visant des résultats spécifiques. 

En Colombie-Britannique, en Saskatchewan, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve-et-Labrador et à l’Île-du-Prince-Édouard, les droits de scolarité sont remboursés lorsque des critères précis sont respectés. Par exemple, au Manitoba, les droits de scolarité sont remboursés lorsque les éducatrices et éducateurs s’engagent à travailler deux ans dans le secteur après l’obtention de leur diplôme. En Colombie-Britannique, l’association Early Childhood Educators of BC gère le programme de bourses de la province et attribue des bourses d’études aux étudiant-e-s une fois leur formation ou leurs stages terminés.12 Ces programmes visent la rétention des éducatrices et éducateurs dans le secteur et à éviter qu’une formation en ÉPE soit simplement une étape menant à un autre parcours professionnel, notamment un travail dans le réseau d’éducation publique. Le financement fédéral ponctuel pour la main-d’œuvre a été utilisé en Ontario par certains gestionnaires des services municipaux regroupés (municipalités) pour permettre à des collèges publics d’offrir gratuitement des programmes accélérés et réguliers en ÉPE. Ces programmes ont été offerts gratuitement dès le départ et n’ont pas été assujettis à l’obligation de travailler dans le secteur une fois la formation terminée.

Bourses d’études ciblées

On a également utilisé les programmes de bourses d’études comme levier stratégique afin d’inciter certaines populations à s’inscrire aux programmes d’études en ÉPE, généralement des populations aux prises avec des obstacles financiers démesurés. En Nouvelle-Écosse, on offre des bourses culturelles aux Néo-Écossais et Néo-Écossaises d’origine Mi’kmaq ou autochtone, d’ascendance noire ou africaine, aux Acadiennes et Acadiens, aux francophones et aux nouveaux arrivants désireux de faire carrière en éducation à la petite enfance et qui suivent leur formation dans un des établissements reconnus de la Nouvelle-Écosse.13 Le Programme de formation complémentaire en ÉPE de l’Ontario priorise l’attribution de fonds aux francophones, aux membres des Premières Nations, Inuits, Métis et aux personnes travaillant avec l’approbation du directeur.14 

La plupart des provinces ont des programmes d’aide financière afin d’inciter les personnes travaillant déjà dans le secteur à rehausser leurs niveaux de qualification :  Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador. Dans les Territoires du Nord-Ouest et en Nouvelle-Écosse, l’accès aux bourses d’études vient d’être élargi pour inclure les étudiant-e-s à temps partiel dans le but d’encourager les personnes travaillant déjà dans le secteur à se perfectionner.15 16   On présume 1) que les personnes travaillant déjà en services de garde savent d’emblée qu’elles aiment le travail et sont donc plus susceptibles d’y demeurer à long terme – c’est plus profitable que de recruter des personnes sans expérience et 2) que le rehaussement du niveau de compétence du personnel aura pour effet d’accroître la qualité des services en général.

Dans certains cas, ces mesures de soutien vont au-delà du remboursement des droits de scolarité afin de compenser les faibles salaires et d’autres dépenses associées à la formation que doivent supporter les employeurs et leurs employés. En Colombie-Britannique, Alberta et Ontario, les employés peuvent demander des fonds additionnels pour couvrir leur perte de salaire et leurs frais de déplacement pendant qu’ils mettent à niveau leurs compétences.17 Au Manitoba, les garderies demandent du financement pour compenser l’absence de leurs employés en formation et continuer de leur verser leur salaire normal pendant leurs études. Au Manitoba, une garderie ou un service de garde en milieu familial agréé peut demander une subvention et se faire rembourser le coût d’une suppléante en remplacement d’une aide/préposée aux services à l’enfance qui participe à une formation approuvée en milieu de travail.18 La Saskatchewan avait également mis en place un programme similaire en 2022 à même les fonds du PPAGJE. Il s’agissait d’une bourse de soutien à la formation, mais le programme a pris fin le 30 juin 2025.19 

Élargissement des programmes d’éducation postsecondaire

Afin de satisfaire la demande accrue de services de garde et de gérer le nombre croissant de places en services de garde, on a augmenté la capacité d’accueil des programmes d’études postsecondaires en ÉPE et diversifié les modèles de prestation. Le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador ont annoncé une augmentation de leurs programmes d’études postsecondaires en ÉPE (financement provincial). 

Les fonds du PPAGJE sont aussi utilisés pour créer et mettre en œuvre de nouveaux modèles de prestation et des formations accélérées. Au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador, ces initiatives comprennent des formations accélérées et des stages pour les personnes travaillant déjà en services de garde. 

Un certain nombre de provinces et de territoires ont également augmenté la capacité d’accueil à des programmes gratuits de niveau « entrée ». Par exemple, l’Alberta peut offrir à quelque 10 000 participant-e-s par année la formation d’orientation gratuite en services de garde et le Yukon offre à six reprises durant l’année une formation gratuite sur le « développement de la petite enfance », à la fin de laquelle les personnes obtiennent un certificat en ÉPE de niveau 1. Des cours d’introduction en ÉPE offerts sur le Web ou dans le cadre d’un programme à double reconnaissance de crédit visant les élèves du secondaire ont également été créés ou étendus en Colombie-Britannique, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. De nouveaux modèles de prestation, comme des programmes en ligne ou en mode hybride, ont également été créés dans de nombreuses provinces pour accroître l’accès.

Programmes fédéraux

La mise en œuvre du Programme pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants (PPAGJE) relève de la compétence des provinces et des territoires de sorte que le présent rapport met l’accent sur les politiques et les programmes provinciaux et territoriaux. Toutefois, le gouvernement fédéral a également annoncé des initiatives à l’échelle du pays en lien avec l’accès aux études postsecondaires en éducation de la petite enfance. Dans le budget fédéral de 2024, le gouvernement a annoncé que l’éducation de la petite enfance serait sur la liste des professions admissibles au programme d’exonération de remboursement de prêts d’études canadien.20 En vertu de ce programme, des personnes exerçant certaines professions peuvent demander l’exonération du remboursement de leur prêt d’études si elles s’établissent ou demeurent dans des collectivités rurales ou éloignées admissibles.

En mars 2025, le gouvernement fédéral a annoncé un nouveau programme de financement pour soutenir l’apprentissage et la garde des jeunes enfants dans les communautés francophones en situation minoritaire, y compris des mesures de soutien pour la main-d’œuvre. L’Association des collèges et universités de la francophonie acadienne (ACUFC) a reçu 16,3 millions de dollars pour étendre et poursuivre la mise en œuvre de programmes de formation d’entrée, de formation continue et de formation spécialisée pour les éducatrices et éducateurs dans les communautés francophones en situation minoritaire au Canada.21

Rémunération

Grilles salariales

Avant les ententes du PPAGJE, très peu de provinces et de territoires étaient dotés de grilles salariales provinciales ou territoriales s’appliquant au personnel des garderies agréées. Par grille salariale, on entend une structure qui fixe les salaires et les niveaux de paie des éducatrices et éducateurs, habituellement en fonction de critères comme les titres de compétence et les années de service.22  Le niveau de financement public, la structure et d’autres aspects des grilles salariales provinciales et territoriales existantes en ÉPE varient d’une province et d’un territoire à l’autre. 

Les subventions salariales, quelles que soient leurs formes, sont le mécanisme de prédilection utilisé par les gouvernements provinciaux et territoriaux pour augmenter le salaire des éducatrices et des éducateurs. Avant le PPAGJE, les Territoires du Nord-Ouest, la Colombie-Britannique, l’Alberta, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador étaient tous dotés d’une forme quelconque de subventions salariales financées par des fonds publics. Il s’agissait habituellement de quelques dollars de l’heure payés en surplus du salaire de base des éducatrices et éducateurs. En 2020, en dehors du Québec, seule l’Île-du-Prince-Édouard était dotée d’une grille salariale provinciale assez répandue – elle était obligatoire dans les centres de la petite enfance désignés.

La plupart des provinces et territoires se sont engagés à mettre en place une grille salariale en vertu des accords de financement conclus avec le gouvernement du Canada et tous ont reconnu d’une certaine manière que les salaires actuels du personnel éducateur étaient insuffisants. Mais les solutions retenues varient d’un endroit à l’autre. Il peut s’agir d’une grille salariale entièrement subventionnée par le gouvernement ou d’un supplément salarial d’un ou de deux dollars.  

Depuis mars 2026, voici une liste des provinces et territoires qui ont adopté des grilles salariales obligatoires pour le personnel éducateur : 

  • Nouveau-Brunswick 
  • Nouvelle-Écosse 
  • Île-du-Prince-Édouard 
  • Terre-Neuve-et-Labrador 
  • Territoires du Nord-Ouest
  • Nunavut 

Le Manitoba a établi des salaires horaires cibles pour les différents postes et classifications dans les garderies. La province fournit aux garderies du financement additionnel pour augmenter les salaires afin qu’ils atteignent à tout le moins les cibles salariales de la grille, même si l’application de la grille n’est pas obligatoire. 

Dans certaines provinces, la grille salariale établit un salaire minimum, mais les employeurs peuvent payer davantage. Ailleurs, la grille salariale provinciale détermine des taux de salaire précis. De plus, la quantité de fonds publics alloués aux grilles salariales varie. Au Nouveau-Brunswick, le montant alloué au salaire minimum par niveau n’est pas entièrement subventionné; la grille salariale établit la partie que financera le gouvernement.  

Dans leurs accords initiaux (2021 à 2025), le Yukon, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan s’engageaient à mettre en place des grilles salariales avant le 31 mars 2026, mais ils ne l’ont pas fait. Au moment de la publication du présent rapport, ils n’avaient toujours pas instauré de grilles salariales. 

Dans le cadre de leurs ententes du PPAGJE, l’Alberta et l’Ontario ne se sont pas engagés à adopter de grilles salariales. L’Alberta a maintenu quant à elle son programme de subvention salariale et l’Ontario a instauré un nouveau plancher salarial et a ajouté un dollar de l’heure de plus aux salaires des personnes gagnant moins de 28 $ l’heure; ce seuil d’admissibilité à la hausse salariale a augmenté d’un dollar par année tous les ans depuis 2023. 

Hausses de salaire

Depuis la signature des ententes du PPAGJE, les salaires des éducatrices et des éducateurs dans toutes les provinces et tous les territoires ont augmenté en raison soit des améliorations apportées aux programmes de subvention salariale soit de la mise en place de grilles salariales. Et quelques provinces et territoires ont aussi rajusté à la hausse ces grilles ou les subventions salariales depuis leur mise en œuvre initiale. Par exemple, la Nouvelle-Écosse a augmenté les rajustements et intégré des hausses annuelles aux grilles existantes afin de compenser les cotisations que doivent verser les employés pour participer au nouveau régime de retraite à prestations déterminées sectoriel annoncé en décembre 2023.23  

Le plancher salarial établi initialement en Ontario était jugé insuffisant. En novembre 2023, le gouvernement l’a donc augmenté à 23,86 $/h par rapport à 20 $/h prévu en 2024, de manière à l’harmoniser de plus près aux salaires des éducatrices de la petite enfance qui travaillent pour les conseils scolaires.24   

En mai 2025, le Manitoba a annoncé une augmentation substantielle de ses cibles salariales et du financement correspondant, la hausse pouvant atteindre cinq dollars d’heure.25 

À l’Île-du-Prince-Édouard, où les centres de la petite enfance désignés étaient assujettis à une grille salariale avant l’avènement du PPAGJE, il y a eu trois augmentations de salaire depuis la signature des ententes, soit en juillet 2021 et en mars 2026.26  Il s’agit aussi de la seule province dont la grille salariale prévoit du temps de préparation rémunéré, un facteur lié à la qualité de l’environnement de travail auquel font référence les feuilles de route de nombreux organismes provinciaux de défense des services de garde.27 

Avantages sociaux

Les salaires ne sont qu’un aspect de la rémunération. Il est reconnu que les avantages sociaux ont de l’importance sur le plan de la rémunération et de la rétention en général du personnel éducateur. Les avantages sociaux peuvent inclure, sans s’y limiter, des congés de maladie rémunérés, des congés personnels rémunérés, des prestations de maternité et parentales supplémentaires, une assurance maladie et dentaire complémentaire, un régime de retraite et des réductions consenties pour les frais de garde.28

Avant les ententes du PPAGJE, il revenait généralement aux employeurs individuels (plutôt qu’aux gouvernements) d’accorder des avantages sociaux. Par conséquent, le pourcentage d’éducatrices et d’éducateurs ayant droit à une gamme d’avantages sociaux et à un régime de retraite varie à l’intérieur des provinces et des territoires et d’une province et d’un territoire à l’autre. Les associations provinciales d’ÉPE en Colombie-Britannique, en Alberta, au Manitoba et à l’Île-du-Prince-Édouard ainsi que la Coalition ontarienne pour de meilleurs services éducatifs à l’enfance offrent depuis longtemps aux garderies qui en sont membres des gammes d’avantages sociaux auxquelles elles peuvent souscrire et par la suite offrir à leurs employés. 

La Manitoba Child Care Association administre depuis longtemps un régime de retraite pour ses membres. En 2010, le gouvernement du Manitoba a instauré des régimes enregistrés de retraite et de prestations d’aide à la retraite pour le personnel des services de garde. Ces mesures incluaient des contributions de contrepartie à un régime enregistré de retraite pour le personnel travaillant à temps plein et à temps partiel en garderie et prématernelle agréée à but non lucratif; des contributions de contrepartie aux régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) des employés de garderies et des responsables de services de garde en milieu familial agréés; et une prestation de retraite pour services à long terme pour le personnel des garderies ou les responsables de services de garde en milieu familial correspondant aux critères d’admissibilité.29

Le Yukon, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador ont tous commencé à fournir des avantages médicaux à leur main-d’œuvre depuis l’avènement du PPAGJE. La Nouvelle-Écosse offre depuis 2024, par l’intermédiaire de Health Association Nova Scotia, un régime collectif d’avantages sociaux à tous les employés de garderies agréées.30  Terre-Neuve-et-Labrador a aussi commencé à offrir une assurance médicale complémentaire en 2024. Elle est administrée par l’Association of Early Childhood Educators Newfoundland and Labrador et le personnel est libre d’y souscrire.31  Le Yukon n’a pas créé son propre régime collectif d’avantages sociaux. Il propose plutôt un remboursement pouvant atteindre huit pour cent du salaire des employés aux employeurs qui offrent à leur personnel une gamme complète d’avantages sociaux souscrite auprès d’une compagnie d’assurance canadienne enregistrée.32

L’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse ont également mis en place des régimes de retraite pour le personnel du secteur à même les fonds du PPAGJE. À l’Île-du-Prince-Édouard, le régime de retraite à prestations déterminées pour l’ensemble du secteur est administré par l’Early Childhood Development Association of PEI. Depuis novembre 2023, les employés des centres de la petite enfance désignés de l’Île-du-Prince-Édouard reçoivent l’équivalent de quatre pour cent de leurs cotisations à un régime de retraite.33 

En Nouvelle-Écosse, tous les employés des garderies agréées participent au régime de retraite à prestations déterminées offert par les Colleges of Applied Arts and Technology (CAAT) et la province couvre entièrement la part des cotisations de l’employeur aux régimes de retraite et d’avantages sociaux.34 Aussi, la grille salariale des éducatrices et éducateurs en Nouvelle-Écosse a également été bonifiée en avril 2024 afin de compenser la part des cotisations des employés au régime de retraite. Les responsables d’un service de garde en milieu familial agréé reçoivent pour leur part une subvention afin de se procurer leur propre assurance maladie complémentaire et contribuer à un régime enregistré d’épargne-retraite (REER).

Perfectionnement professionnel

Outre la mise à niveau des titres de compétences, il est reconnu que le perfectionnement professionnel continu renforce le sentiment d’engagement et d’identité des éducatrices et des éducateurs et améliore l’environnement d’apprentissage.35 Des études canadiennes et internationales ont démontré que pour être efficace le perfectionnement professionnel du personnel éducateur doit se dérouler sur une base continue, il doit être réfléchi et il doit stimuler les relations avec d’autres éducatrices et éducateurs et leur collectivité plutôt que se limiter à des ateliers et des cours uniques offerts en vase clos.36

Dans certaines provinces, les éducatrices et éducateurs doivent obligatoirement participer à des activités de perfectionnement professionnel pour conserver leur droit d’exercice. C’est notamment le cas en Colombie-Britannique, en Saskatchewan, en Ontario, en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador. Dans la plupart des provinces, les associations professionnelles d’ÉPE sont chargées d’offrir le perfectionnement professionnel au personnel éducateur, souvent en collaboration avec la Fédération canadienne des services de garde à l’enfance, des centres de ressources locaux, et des professionnels indépendants et des entreprises œuvrant dans le domaine.

Les provinces et territoires avaient tous mis en œuvre des politiques ou des programmes de financement pour soutenir l’accès au perfectionnement professionnel des éducatrices et éducateurs avant l’avènement du PPAGJE. Le perfectionnement professionnel occupait une place prépondérante dans les accords bilatéraux et le programme fédéral de financement ponctuel de la main-d’œuvre en 2021-2022. Le perfectionnement professionnel a de nouveau été retenu comme priorité dans les accords pancanadiens, ce qui se traduit généralement par des fonds accrus alloués aux initiatives de perfectionnement professionnel existantes (souvent celles qui ont été lancées dans le cadre des accords bilatéraux) ou par un plus grand nombre d’activités de perfectionnement professionnel dans divers domaines, notamment celui de la réconciliation avec les Premières Nations et du jeu en plein air. Toutes les ententes contiennent une disposition pour augmenter les dépenses en perfectionnement professionnel au moins proportionnellement à l’augmentation des places en services de garde réglementés.37

Apprentissage professionnel – garderies

Les politiques d’apprentissage professionnel peuvent relever des garderies en tant que telles ou des provinces et des territoires. En vertu du PPAGJE, la réglementation en Saskatchewan et à Terre-Neuve-et-Labrador comporte deux jours de perfectionnement professionnel obligatoires pour l’obtention d’un permis de garderie. Les garderies ferment leurs portes ces journées-là afin permettre aux éducatrices et éducateurs de suivre ensemble du perfectionnement professionnel durant leurs heures de travail normales. L’Ontario finance aussi une journée de perfectionnement professionnel pour tous les membres du personnel des garderies agréées, des services de garde en milieu familial réglementés et des centres pour l’enfant et la famille On y va.38 Au Yukon, un congrès territorial d’une durée de deux jours s’est déroulé en septembre 2024 à même des fonds du PPAGJE.

Les garderies en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba peuvent demander des subventions pour fournir des activités de perfectionnement professionnel à leur personnel ou pour compenser les congés pour suivre de la formation. À titre d’exemple, les garderies et services de garde en milieu familial agréés en Alberta peuvent recevoir du financement pour permettre à leurs éducatrices et éducateurs admissibles de participer à des colloques/congrès et des ateliers approuvés, et les employés obtiennent jusqu’à 500 $ pour participer à ces activités. En Alberta, pendant un certain temps, on accordait une subvention aux éducatrices et éducateurs et aux garderies pour compenser les congés accordés et le temps consacré à poursuivre des études de niveau postsecondaire ou à suivre des ateliers de perfectionnement professionnel. Cette mesure a pris fin le 1er avril 2026.39

En 2025, le Manitoba a instauré une subvention pour l’éducation de la petite enfance en plein air. Les garderies peuvent demander du financement afin d’offrir des expériences de jeu en plein air de qualité élevée et pour financer le perfectionnement professionnel qui s’y rattache.40 La plupart des provinces et territoires offrent également aux garderies du financement pour des activités de perfectionnement professionnel consacrées à l’inclusion.41

Apprentissage professionnel – personnel éducateur

Du côté de l’offre en matière de perfectionnement professionnel, beaucoup de provinces ont utilisé le financement du PPAGJE pour étendre les possibilités de perfectionnement professionnel destinées aux éducatrices et éducateurs en créant de nouveaux cours et en augmentant la capacité d’accueil des programmes existants. L’élaboration des contenus et l’animation des activités sont confiées en sous-traitance à des organismes locaux, ou le financement est consenti aux associations provinciales d’éducation de la petite enfance, qui se chargent de coordonner l’offre d’ateliers en fonction des priorités du secteur.

Certaines provinces et certains territoires assument également un rôle de coordination et relient les éducatrices et éducateurs aux programmes de perfectionnement professionnel offerts en ligne ou en personne. À titre d’exemple, dans le cadre de son entente pancanadienne, le Yukon a financé la création d’un réseau de cours, de ressources et d’activités en ligne pour les éducatrices et éducateurs. Le Manitoba a également créé un portail sur Internet qui fournit l’accès en ligne et gratuitement à un guide de développement de la petite enfance.

La Colombie-Britannique a adopté une approche unique quant à elle. Elle subventionne plusieurs programmes communautaires de perfectionnement professionnel, notamment un programme de mentorat par des pairs42, le réseau pédagogique des Premières Nations ainsi qu’un réseau pédagogique de la petite enfance, qui a assuré la coordination de cinquante pédagogues œuvrant dans les collectivités de la Colombie-Britannique pour soutenir le personnel éducateur. Le gouvernement de la Colombie-Britannique a cessé de financer le réseau pédagogique de la petite enfance en juillet 2026, malgré l’appui du secteur.43

Facteurs structurels et réglementaires : conditions de travail

Les conditions de travail sont au cœur du discours sur la main-d’œuvre du secteur des services de garde et elles sont étroitement déterminées par les cadres législatifs et réglementaires qui régissent les services de garde agréés dans les provinces et territoires.

Les conditions de travail sont au cœur du discours sur la main-d’œuvre du secteur des services de garde et elles sont étroitement déterminées par les cadres législatifs et réglementaires qui régissent les services de garde agréés dans les provinces et territoires.

La législation comporte les lois et les dispositions générales régissant les services de garde dans chaque province et chaque territoire. Elle est complétée par la réglementation qui définit des règles encadrant les activités quotidiennes des services de garde, incluant les exigences liées au personnel. Dans ce cadre réglementaire, les provinces et les territoires définissent des normes, incluant le nombre d’éducatrices et d’éducateurs par rapport au nombre d’enfants (ratio), les titres de compétence exigés tant individuellement qu’à l’échelle des programmes, les titres de compétence du personnel de gestion et de supervision, les rôles et fonctions du personnel, les exigences liées à l’installation, les obligations en matière de perfectionnement professionnel continu, etc.

Ces règles et lignes directrices déterminent plusieurs aspects de l’environnement de travail au sein duquel les éducatrices et éducateurs exercent leur profession.44 Elles englobent les responsabilités, comme celles d’assurer aux enfants un environnement sûr et sécuritaire, d’observer les enfants et de répondre à leurs besoins, de concevoir un programme éducatif et de maintenir des communications efficaces avec les familles, entre autres choses. Par conséquent, les lois et les règlements jouent un rôle déterminant dans la création d’un environnement de travail de qualité – un facteur jugé essentiel par les éducatrices et éducateurs pour assurer leur bien-être et leur engagement professionnel.45

Les conditions de travail, ainsi que les salaires et les avantages sociaux, influencent profondément le taux de satisfaction à l’égard de leur emploi des éducatrices et des éducateurs et leur décision de poursuivre dans le domaine ou d’abandonner la profession.   Par exemple, il a été démontré qu’un ratio éducatrices-enfants plus élevé (c’est-à-dire un nombre moindre d’enfants par éducatrice) réduisait le stress des éducatrices et améliorait leur expérience de travail, car « elles pouvaient accorder plus d’attention aux divers aspects du développement de l’enfant et avoir des interactions plus bienveillantes et significatives avec les enfants ».46  De plus, le fait d’avoir un plus grand nombre d’éducatrices/éducateurs affectés à un groupe d’enfants augmente les possibilités de supervision, de consultation et de collaboration et, cela étant, a pour effet d’améliorer la qualité des soins.47

Malgré le rôle crucial des conditions de travail dans le secteur des services de garde, il y a un manque significatif d’initiatives visant à améliorer les conditions de travail qui ont une incidence sur le recrutement et la rétention du personnel. Même si les lois provinciales et territoriales qui régissent les services de garde agréés sont révisées périodiquement, dans le contexte de la construction du système de services de garde dans l’ensemble du Canada, aucune province ni aucun territoire ne s’est engagé à modifier la législation ou la réglementation dans le but d’améliorer les ratios éducatrices-enfants ou de réduire la taille des groupes. Comme les modifications réglementaires relèvent clairement de la compétence des provinces et des territoires, une province ou un territoire pourrait modifier ses règlements (p. ex., rehausser les exigences de qualification des éducatrices, réduire ses ratios) indépendamment de l’entente du PPAGJE. Mais, cela ne s’est pas produit à grande échelle.   

Depuis la signature des ententes du PPAGJE en 2021-2022, quelques provinces et territoires seulement ont révisé leurs lois et modifié les conditions de travail du personnel éducateur. Le Yukon a publié en mai 2025 la Loi de 2025 sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants qui remplace la Loi de 1990 sur la garde d’enfants. La loi de 2025 enchâsse dans la législation le rôle professionnel des éducatrices et des éducateurs et le processus de certification; elle prévoit la création d’un registre d’éducatrices et d’éducateurs; et elle ouvre la voie à l’établissement d’une grille salariale obligatoire.48  La loi comporte aussi l’engagement d’instaurer un cadre pour l’éducation de la petite enfance conçu en partenariat avec les Premières Nations du Yukon. Jusqu’à présent, le Yukon n’avait pas son propre cadre éducatif et les garderies utilisaient souvent à titre volontaire celui de la Colombie-Britannique.  

À l’Île-du-Prince-Édouard, les changements incluent la redéfinition des titres de compétence afin de réserver le titre « d’éducatrice ou d’éducateur de la petite enfance » aux personnes possédant au minimum un diplôme de deux ans en ÉPE, la modification du nombre de poupons autorisés au sein d’un même service de garde, l’augmentation de la capacité totale d’accueil d’une garderie et l’harmonisation des exigences d’espace physique aux normes actualisées.49 L’Île-du-Prince-Édouard a également ajouté en 2022 le financement d’un poste de soutien pédagogique dans les centres de la petite enfance désignés, ce qui permet aux garderies d’engager du personnel additionnel au-delà des ratios. Le poste de soutien pédagogique a pour objet de fournir au besoin du soutien additionnel au personnel éducateur, d’accorder du temps pour préparer les activités et remplir les dossiers des enfants et de soutenir le mentorat. 

Dans son plan d’action, le Manitoba s’est également engagé à revoir les niveaux de certification, ce qui pourrait entraîner une modification des ratios éducatrices-enfants, des rôles du personnel et des exigences de qualification du personnel en fonction des groupes d’âge.50 Ces travaux ont été amorcés par des consultantes, mais ils n’ont pas été rendus publics. À noter que les Territoires du Nord-Ouest n’avaient pas de processus de certification des éducatrices et éducateurs avant le PPAGJE, mais qu’ils se sont engagés à mettre en place une structure de certification enchâssée dans la loi dans le cadre de leur entente. Les Territoires du Nord-Ouest ont adopté une structure de certification aux termes du Règlement sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants, entré en vigueur le 14 novembre 2024.51 

Ce ne sont pas toutes les modifications réglementaires adoptées récemment par des provinces et territoires qui améliorent les conditions de travail du personnel et la qualité des services de garde. L’Alberta a adopté des modifications qui font en sorte que les personnes âgées de 16 et de 17 ans peuvent être prises en compte dans les ratios à titre de membres du personnel. 

La modification des règlements est un exercice complexe et la plupart des changements suggérés par les éducatrices et éducateurs ou retenues comme pratiques exemplaires exigent un plus grand nombre d’éducatrices et d’éducateurs et des personnes plus qualifiées. On se bute à une impasse : améliorer les conditions de travail en modifiant la réglementation peut certes favoriser la rétention des éducatrices et éducateurs, mais la mise en œuvre de ces changements exige souvent un plus grand nombre d’employés qualifiés.

De plus, les modifications réglementaires doivent être soutenues par du financement suffisant et par des politiques qui en assurent la mise en œuvre. À titre d’exemple, même si les provinces et territoires ont tous des règlements stipulant un nombre précis d’éducatrices et d’éducateurs qualifiés en garderie, à cause du manque chronique de personnel, elles ont souvent recours à la politique dite « d’approbation du directeur » afin de fonctionner avec moins d’employés qualifiés. Ce qui souligne la nécessité d’une stratégie de main-d’œuvre globale pour accompagner les modifications réglementaires.

Même si la conversation sur la main-d’œuvre des services de garde s’articule surtout autour de la rémunération, de la formation et du perfectionnement professionnel, il est essentiel de reconnaître le rôle déterminant des conditions de travail sur le plan de l’expérience professionnelle des éducatrices et éducateurs et subséquemment sur la qualité de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants. Le peu d’attention accordée à cet aspect dans le paysage réglementaire est notable, et ce même lors de l’examen périodique des lois provinciales et territoriales. La modification des règlements est un exercice extrêmement complexe et il est essentiel de tenir compte de cette complexité pour assurer que les conditions de travail reçoivent l’attention qu’elles méritent, fassent l’objet des améliorations requises et ultimement contribuent au bien-être du personnel éducateur et à la qualité des services de garde. 

Que manque-t-il?

Collecte de données et évaluation

Le travail afin de bâtir un système de services de garde durable et solidement enchâssé dans la législation exige de recueillir des données et de procéder à des évaluations en cours de route afin de suivre la progression et de corriger la trajectoire au besoin.

Les accords pancanadiens contiennent tous un cadre de collecte de données pour les initiatives financées par le gouvernement fédéral qui comporte un certain nombre d’indicateurs de rendement, à savoir le nombre d’éducatrices et d’éducateurs et leurs niveaux de certification d’une année à l’autre ou le nombre de nouvelles places créées. 

Il manque toutefois la collecte de données détaillées sur les services de garde eux-mêmes ainsi que la production de rapports publics afin d’évaluer les nombreuses initiatives de main-d’œuvre en cours. Comme il est indiqué précédemment, il existe de nombreuses politiques et initiatives de main-d’œuvre dans les treize provinces et territoires. Même si leurs modalités de mise en œuvre varient, elles visent toutes un même objectif : recruter et retenir des éducatrices et éducateurs à la petite enfance qualifiés. Il faut surveiller et rendre compte publiquement du succès ou de l’échec de ces différentes politiques à atteindre le but de manière à procéder à des améliorations lorsque nécessaire et à favoriser les apprentissages entre les provinces et les territoires. Par exemple, de quelle façon les différents modèles de prestation de perfectionnement professionnel et d’études postsecondaires influencent-ils la rétention et l’engagement des éducatrices et des éducateurs et, actuellement, quelles personnes sont les plus susceptibles d’y participer? 

À cette étape de la construction du système, un certain degré d’expérimentation est requis pour déterminer la meilleure combinaison de politiques et de programmes pour attirer et retenir le personnel éducateur. Même s’il existe des mises à l’essai et que différents modèles de prestation sont utilisés simultanément, l’élaboration des politiques et des initiatives doit être appuyée sur un but général et une vision globale à long terme. Aussi, il existe un certain nombre de politiques et de programmes, sous-utilisés actuellement, que l’on connaît bien après des décennies de recherche dans le domaine et que l’on sait importants pour la rétention de la main-d’œuvre et la qualité des services de garde, et qui ne nécessitent pas de recherches plus poussées, entre autres des régimes de retraite à prestations déterminées, des programmes de mentorat, des assurances maladie complémentaires et des salaires plus élevés. 

Les gouvernements provinciaux et territoriaux, en partenariat avec le gouvernement fédéral, doivent engager le grand public et le secteur de l’éducation de la petite enfance dans l’élaboration de la vision et ils doivent leur rendre des comptes tout au long de la construction du système au moyen de consultations et de rapports publics.

Sur une note prometteuse, de février à mai 2026, Statistique Canada a entrepris la collecte de données dans le cadre d’une enquête nationale menée auprès des travailleuses et travailleurs en services de garde, commandée par Emploi et Développement social Canada. La publication des données est prévue à la fin de 2027.52 Il s’agit de la première enquête nationale exhaustive menée auprès de la main-d’œuvre des services de garde depuis l’enquête Oui, ça me touche!, commandée par le CSRHSGE et réalisée en 2013. L’Enquête auprès du personnel des services de garde à l’enfance au Canada (EPSGEC) ciblait le personnel en garderie et posait des questions de nature démographique et socioéconomique et sur l’environnement et les horaires de travail, les salaires et les avantages sociaux, leur formation et leur avenir dans le secteur des services de garde.53 Cette enquête est un jalon important afin de créer une base de données générale sur la main-d’œuvre des services de garde. Mais il faut faire beaucoup plus. 

Planification et vision à long terme

Les accords du PPAGJE ont un objectif global clair, soit de rendre les services de garde accessibles à tous en réduisant les tarifs et en multipliant le nombre de services de garde agréés. Toutefois, l’avenir envisagé en matière de services de garde demeure moins bien défini. Les accords sur les services de garde dans l’ensemble du Canada expriment clairement le problème auquel font face les parents : les services de garde leur coûtent trop cher et ils ont du mal à en trouver. Les solutions sont également clairement énoncées : réduire les tarifs à dix dollars par jour et accroître l’accès aux services de garde dans tout le pays. L’idée générale est claire et limpide : du financement public pour permettre à tous ceux et celles qui le désirent d’avoir une place dans un service de garde agréé à coût raisonnable. C’est populaire comme idée, car beaucoup de familles ont du mal à trouver un service de garde abordable dans leur collectivité, et les mères sont habituellement celles qui en subissent les contrecoups. 

Toutefois, la vision de ce que pourraient être et de ce que devraient être les services de garde au pays est moins claire. D’abord justifié en tant que moteur économique dans le budget fédéral de 2021, il reste encore à expliquer plus clairement la raison d’être d’un système pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants. On doit aussi expliquer la façon dont le système s’occupera des enfants, des familles, des éducatrices et des éducateurs et des collectivités et comment toutes ces personnes participeront à sa création. Dans les pays dotés de systèmes de services de garde bien développés, le système et les politiques connexes sont ancrés dans des valeurs publiques de démocratie, de solidarité, de mobilisation citoyenne, de créativité et de réalisation personnelle.54  On y met de l’avant une vision selon laquelle les soins et les services éducatifs sont de qualité et intégrés afin de « répondre de manière holistique aux besoins de tous les enfants » et on insiste sur le fait que les enfants ont le droit inhérent de participer activement à la société et de s’épanouir pleinement grâce à l’éducation.55   Dans cette vision des services de garde fondée sur les valeurs, la qualité est un phénomène qui se construit collectivement et s’appuie sur des relations. La « qualité ne provient pas du matériel qui se trouve dans les installations, mais plutôt de la confiance, de l’attention et de la bienveillance émanant des relations entre les éducateurs/éducatrices et les enfants ».56   Le bien-être des éducatrices et des éducateurs (et les politiques qui le favorisent) doit par conséquent être vu comme la base même de l’expérience que vivent les enfants et les familles en services de garde et de notre vision globale d’un système de qualité. À ce jour, les politiques en matière de garde d’enfants au Canada n’ont pas véritablement fait l’objet de discussions sur ces valeurs ni d’une vision globale pour les éducatrices et éducateurs et les enfants. 

À la nécessité d’élaborer une vision à long terme s’ajoute la nécessité de planifier de façon stratégique la construction du programme pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants, des aspects qui ne font pas partie des accords pancanadiens et des plans d’action provinciaux.   Or, s’ils formulent un plan à long terme fondé sur une vision des services de garde au Canada dans 10, 25 et 50 ans, les décisionnaires seront plus en mesure de soutenir la main-d’œuvre qui fera de cette vision une réalité.  

Nous sommes à un moment de la construction du PPAGJE où sa main-d’œuvre dans dix ans pourrait avoir suivi des tangentes bien différentes, dépendamment des politiques et des programmes mis en place aujourd’hui et de la vision recherchée. Par exemple : est-ce que les provinces envisagent que l’ensemble du personnel des services de garde possède un diplôme de deux ans en ÉPE, comme le recommande la Table de discussion sur les politiques de main-d’œuvre?  Jusqu’à maintenant, la plupart des provinces et territoires ont pour objectif énoncé que 60 pour cent du personnel seront qualifiés d’ici 2025-2026. Mais on ne sait pas au juste d’où vient ce pourcentage de 60 pour cent ni ce que l’on entend par « personnel qualifié » et ni s’il s’agit du but ultime ou d’un indicateur en vue d’un autre objectif. Outre le réseau de pédagogues en Colombie-Britannique et le programme de soutien pédagogique de l’Île-du-Prince-Édouard, les provinces et territoires se sont peu penchés sur les rôles et fonctions des éducatrices et éducateurs et sur les échelles de carrière qui ouvrent de nouvelles perspectives professionnelles, notamment des postes de cadres supérieurs bien rémunérés. Malheureusement, le réseau de pédagogues n’est plus financé par le gouvernement de la Colombie-Britannique. Le financement du programme de soutien pédagogique de l’Île-du-Prince-Édouard avait été réduit, mais des protestations véhémentes du secteur ont obligé le gouvernement à le rétablir en totalité jusqu’en mars 2027.57     

Dans leurs communiqués de presse et leurs annonces de politiques, les gouvernements provinciaux et territoriaux reconnaissent, quoique partiellement, la nécessité de mieux rémunérer les éducatrices et éducateurs pour les retenir dans le secteur. Ils reconnaissent également que pour assurer la qualité des services de garde, il faut du personnel qualifié et bien soutenu. Même si les hausses demeurent insuffisantes, la rémunération du personnel éducateur s’est nettement améliorée au pays. Toutefois les grandes questions, à savoir qui selon les provinces et le gouvernement fédéral devraient s’occuper des enfants dans les services de garde et comment concevoir le système pour rendre ces tâches plus faciles, restent en suspens. Pour le moment, les politiques mises de l’avant dans le cadre du PPAGJE maintiennent le statu quo en ce qui concerne la structure de la main-d’œuvre des services de garde et on ne sait pas au juste si les provinces et les territoires entendent conserver en permanence la structure de main-d’œuvre actuelle ou s’il s’agit d’une étape transitoire du parcours menant à un système réinventé et à des rôles différents pour les éducatrices et éducateurs.  

Une stratégie globale de main-d’œuvre demeure nécessaire pour donner vie à une vision ambitieuse du rôle des services de garde dans nos collectivités. Et cette stratégie de main-d’œuvre doit s’accompagner de stratégies pour améliorer la qualité et l’accès aux services de garde et elle doit être ancrée dans une vision d’avenir.

Après mars 2026

Depuis mars 2026, on observe une tendance alarmante dans beaucoup de provinces et de territoires à procéder à des compressions dans les initiatives de main-d’œuvre. Bon nombre de ces compressions ont touché les programmes axés sur le soutien pédagogique et le rehaussement des qualifications de la main-d’œuvre, renversant la progression vers un système de services de garde de qualité élevée. Le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard a annoncé en mai 2026 qu’il allait couper de 25 pour cent les fonds alloués aux centres de la petite enfance pour les postes de soutien pédagogique même si ce programme a été qualifié dans une enquête menée auprès de la main-d’œuvre du secteur de priorité extrême pour soutenir le recrutement et la rétention du personnel éducateur.58 Suivant un tollé général et les pressions exercées par le secteur, le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard est revenu plus tard sur sa décision de réduire le financement et il s’est engagé à financer entièrement le programme jusqu’en mars 2027. En juillet 2026, le gouvernement de la Colombie-Britannique a mis fin au financement de son réseau provincial de pédagogues, une initiative unique en son genre au Canada. Ces compressions sont contraires au développement d’une main-d’œuvre bien soutenue et de services de garde de qualité élevée. Dans un sondage portant sur le programme de pédagogie de la petite enfance de la C.-B., 91 % des éducatrices et éducateurs ont affirmé que le programme avait contribué à améliorer leur rendement au travail, 77 % ont dit avoir modifié pour le mieux leurs pratiques pédagogiques et 83 % ont souligné avoir modifié le contenu des activités offertes aux enfants. En Saskatchewan, depuis juin 2026, le programme d’aide financière aux études est dorénavant restreint aux programmes d’éducation de la petite enfance de niveau 1 (trois brefs cours d’orientation); les éducatrices et éducateurs poursuivant des études de niveau 2 ou 3 n’y auront plus accès. Comme le soulignait un récent rapport de la Table de discussion nationale sur les politiques de main-d’œuvre dans le secteur des services de garde, aider le personnel éducateur à rehausser ses titres de compétence est une mesure essentielle pour assurer sa satisfaction au travail et la qualité des programmes. Les décisions comme celles prises par le gouvernement de la Saskatchewan vont à l’encontre de ce que nous devons faire.

Ressources

Stratégies de main-d’œuvre

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Résumé des politiques de main-d’oeuvre dans le secteur de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants

Septembre 2026, 24 pages

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Référence : Un enfant Une place (2026).Résumé des politiques de main-d’œuvre dans le cadre du programme pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants. 

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Notes

  1. Gouvernement du Canada. (2017). Programmes d’apprentissage et de garde des jeunes enfants autochtones. ↩︎
  2. Gouvernement du Canada. (1986). Rapport du Groupe de travail sur les services de garde, p. 125.  ↩︎
  3. Haflon, S. (2014). Canada’s childcare workforce, p. 5-6.  ↩︎
  4. Haflon, S. (2014). Canada’s childcare workforce, p. 5.  ↩︎
  5. Gouvernement du Canada. (2017). Cadre multilatéral en matière d’apprentissage et de garde des jeunes enfants. ↩︎
  6. Gouvernement du Canada. (2017). Cadre multilatéral en matière d’apprentissage et de garde des jeunes enfants. ↩︎
  7. Gouvernement du Canada. (2023).  Secrétariat fédéral responsable de l’apprentissage et la garde des jeunes enfants. ↩︎
  8. Gouvernement du Canada. (2021). Accords sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants. ↩︎
  9. Services à l’enfance, Ville d’ Toronto. 2023). Early years and child care workforce project, p. 12.  ↩︎
  10. Gouvernement du Canada. (2021). Budget 2021 (Archivé). ↩︎
  11. À titre d’exemple, voir Coalition ontarienne pour de meilleurs services éducatifs à l’enfance. (2023). A workforce at breaking point.  ↩︎
  12. Early Childhood Educators of BC (ECEBC). (2023). Education support fund. ↩︎
  13. Ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance (2019). Bursary program promoting cultural representation in early childhood education – Terms and conditions 2019/2020. ↩︎
  14. Bourses pour l’éducation de la petite enfance (2023). Programme de formation complémentaire des éducatrices et éducateurs de la petite enfance ↩︎
  15. Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (2022). Bourses d’études en éducation et garde des jeunes enfants maintenant offertes aux étudiants à temps partiel et à temps plein ↩︎
  16. Gouvernement de la Nouvelle-Écosse (2025). Early Learning and Child Care Continuing Education Program. ↩︎
  17. ECEBC, Education support fund; Bourses pour l’éducation de la petite enfance – Ontario;Programme de formation complémentaire; gouvernement de l’Alberta, Alberta Child Care Grant funding program. ↩︎
  18. Province du Manitoba. Demande de subvention pour remplacement de personnel et paiement. ↩︎
  19. Gouvernement de la Saskatchewan (2025). Early childhood educator training and financial supports. ↩︎
  20. Gouvernement du Canada. (2024). Budget 2024, p. 113.  ↩︎
  21. Gouvernement du Canada. (2025). Un nouveau financement pour les initiatives d’apprentissage et de garde des jeunes enfants dans les communautés francophones en situation minoritaire.  ↩︎
  22. The Coalition of Child Care Advocates of BC and Early Childhood Educators of BC. (2020). A competitive, publicly funded provincial wage grid is the solution to BC’s ECE shortage, p. 10. ↩︎
  23. Gouvernement de la Nouvelle-Écosse (Le 20 décembre 2023). Wage increases for early childhood educators; new pension, benefits for child-care sector. ↩︎
  24. Gouvernement de l’Ontario. (Le 16 novembre 2023). Soutien en matière de services de garde d’enfants en Ontario. ↩︎
  25. Gouvernement du Manitoba (Le 23 mai 2025). 2025/26 ELCC wage grid and rate increases for wage grid supplement / Base Operating Grant – Centres.  ↩︎
  26. Friendly, M., Beach, J., Aruran, G., Cossette, A., Hu, L., Lillace, J., et Forer, B. (2026)Early childhood education and care in Canada 2024/ 2025. Childcare Resource and Research Unit, p. 74. ↩︎
  27. À titre d’exemple, voir Roadmap to a quality early learning and child care system in Alberta and Feuille de route pour un réseau universel de services de garde à l’enfance en Ontario. ↩︎
  28. Centre canadien de politiques alternatives (2019). “Unappreciated and underpaid”: Early childhood educators in Nova Scotia ↩︎
  29. Programmes d’apprentissage et de garde des jeunes enfants du Manitoba Régimes enregistrés de retraite et prestations d’aide à la retraite pour les personnes qui travaillent dans le domaine de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants au Manitobs ↩︎
  30. Gouvernement de la Nouvelle-Écosse Pension and group benefits. ↩︎
  31. Gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador. (Le 28 mai 2024). Provincial government commits to introducing medical benefits for early childhood educators.  ↩︎
  32. Gouvernement du Yukon (le 1er décembre 2021).  The governments of Canada and Yukon support benefits program for early childhood educators. ↩︎
  33. Gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard (le 21 août 2023). Creating more child care spaces and making investments to support early childhood educators.  ↩︎
  34. Gouvernement de la Nouvelle-Écosse (le 20 décembre 2023). Wage increases for early childhood educators; new pension, benefits for child-care sector. ↩︎
  35. Ordre des éducateurs et éducatrices de la petite enfance (2015). The evolution of professional learning for RECEs in Ontario. ↩︎
  36. À tire d’exemple, voir University of East London & Universiteit Gent. (2009). Competence requirements in early childhood education and careou Moss, P. (2004). The early childhood workforce: Continuing education and professional development. UNESCO Policy Brief on Early Childhood, #28. ↩︎
  37. Gouvernement du Canada. (2021). Accords sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants. ↩︎
  38. Gouvernement de l’Ontario. (Mai 2024) Lignes directrices 2024 pour le financement de l’apprentissage proofessionnel. ↩︎
  39. Gouvernement de l’Alberta (2026). Upcoming changes to the Alberta Child Care Grant funding program.  ↩︎
  40. Gouvernement du Manitoba (2025). Circulaire de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants. ↩︎
  41. Friendly, et col. (2026). Early childhood education and care in Canada 2024/ 2025.  ↩︎
  42. ECEBC. ECEBC peer mentoring program.  ↩︎
  43. ECEBC. ECEBC responds to pedagogy program cuts. ↩︎
  44. Association of Early Childhood Educators Ontario. Charte pour un travail décent dans le secteur de l’éducation à la petite enfance de l’Ontario. ↩︎
  45. Association of Early Childhood Educators Ontario. Charte pour un travail décent dans le secteur de l’éducation à la petite enfance de l’Ontario. ↩︎
  46. Organisation de coopération et de développement économiques  Encouraging quality in early childhood education and care (ECEC): Working conditions matter ↩︎
  47. Goelman, H., Forer, B., Kershaw, P., et Doherty, G. (2006). Towards a predictive model of quality in Canadian child care centers. ↩︎
  48. Gouvernement du Yukon (le 1er mai 2025). Sanction royale de la Loi sur l’apprentissage et la garde pour les jeunes enfants à l’Assemblée législative du Yukon. ↩︎
  49. Gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard (Le 5 juillet 2023). Le public invité à se prononcer sur les modifications au règlement de l’Early Learning and Child Care Act. ↩︎
  50. Gouvernement du Canada. Accord entre le Canada et au Manitoba sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants à l’échelle du Canada- 2021 à 2026  ↩︎
  51. Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest Certification for centre-based employees.  ↩︎
  52. Friendly, M., Beach, J., Aruran, G., Cossette, A., Hu, L., Lillace, J., et Forer, B. (2026). Key findings from early childhood education and care in Canada 2024/2025, Childcare Resource and Research Unit, p. 24.  ↩︎
  53. Gouvernement du Canada. (2026). L’Enquête auprès du personnel des services de garde à l’enfance au Canada (EPSGEC). ↩︎
  54. University of East London & Universiteit Gent (2009). Competence requirements in early childhood education and care. ↩︎
  55. University of East London & Universiteit Gent (2009). Competence requirements.  ↩︎
  56. Association of Early Childhood Educators Ontario & Coalition ontarienne pour de meilleurs services éducatifs à l’enfance (2023). Énoncé de position : échelle salariale pour le secteur de l’apprentissage et de la garde de jeunes enfants financée par des fonds publics , p. 10.  ↩︎
  57. Nguyen, T. “P.E.I. restores full funding for child-care support workers through March 2027”. CBC News, le 14 septembre 2026. ↩︎
  58. Early Childhood Development Association of PEI. (2026). ECDA statement on changes to pedagogical support funding. ↩︎